Dans les grandes villes
Les douleurs se frôlent sans se connaître. On passe à quelques centimètres d’une vie dont on ne saura rien.

Une femme reste assise avec son désespoir.
Un chien se tient dans l’ombre, affolé.
Les pas continuent.


La solitude tient dans ces moments où personne ne s’arrête.
La fatigue d’être là sans que notre présence change quoi que ce soit.
On traverse des rues. On s’arrête au milieu du bruit. Ce qui pèse ne se déplace pas.

Un homme, le regard baissé.
À hauteur des pas, un enfant allongé.
Une ombre sous un pont.


La foule se resserre, s’écarte. Il reste juste assez de place pour passer. On ne sait pas depuis combien de temps ce corps repose là. Ni ce que cette figure attend.
La rue nous reprend avant même que la question se forme.
Un peu plus loin, d’autres visages, la même fin de journée.