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en Quelques Jours

Le train

De l’autre côté, près de la vitre, les choses vont trop vite pour avoir un nom.

Un buffle broute dans l'herbe haute au bord de la voie ferrée, au Vietnam

Poteau, mur, vaches, arbres étirés. 

Une maison reste quelques secondes. Les collines suivent. La fenêtre défait tout à mesure que le paysage arrive.

Le temps s’allonge.

Une tête contre le carreau. Un sac entre les jambes. Quelqu’un dort depuis le départ, un autre replie le papier de son repas. Une conversation reprend après un tunnel.

Une voyageuse assise près de la fenêtre d'un wagon, téléphone en main

La phrase avait attendu dans le noir.

Les lignes électriques accompagnent la voie.

Poteau électrique et ses isolateurs au-dessus d'une colline boisée, au bord de la voie

D’un poteau à l’autre, les fils descendent, remontent. Dansent tout le long du rail. Toujours la même courbe, reprise avant d’être finie.

Côte et baie vues d'en haut, traversées par les câbles électriques
Poteau électrique au-dessus d'une baie et de collines, dans la pénombre
Poteau électrique et câbles en contre-jour sur un ciel chargé

Ils emportent avec nous le courant de la ville quittée vers celle qui nous attend. Parfois ils s’écartent à travers un champ. Plus loin, les voilà de nouveau contre nous.

Poteau électrique au sommet d'une colline boisée, vu à travers la vitre du train
Poteau électrique et végétation dense sous un ciel clair, depuis le train
Poteau électrique chargé d'isolateurs devant une colline, au bord de la voie ferrée
Poteau électrique au-dessus de la mer et de la végétation, en contre-jour

Dans le virage, l’avant du train apparaît.

Plusieurs wagons serpentent devant nous,
penchés vers un endroit où nous serons bientôt.

Les wagons du train dans un virage, entre la végétation et une borne kilométrique

La voie se redresse.
Le paysage reparti de côté.

Isolateurs d'un poteau électrique et arbres en contre-jour, vus depuis le train
Végétation qui défile contre la vitre du train, la mer au loin

Chacun transporte une heure d’arrivée, une adresse, quelqu’un à prévenir. On a tous laissé quelque chose derrière. Des mots sur un quai, une porte fermée trop vite, une chambre encore tiède, une tasse de café avec un fond.

Elle laissera une marque.  

Un voyageur boit à la bouteille, la tête renversée, dans le wagon
Un voyageur rit, bouche ouverte, sous une bouteille tenue au-dessus de lui dans le wagon
Mains repliant un papier de repas dans un wagon, près de la fenêtre

À bord, cela tient dans un bagage, un écran qui s’allume, un regard levé à l’annonce d’une gare.

Entre deux arrêts, rien ne réclame de se lever. Le café tremble dans son gobelet. Un pied change de place. Combien de temps déjà ? La même personne traverse le couloir dans l’autre sens.

Intérieur d'un wagon : dossiers de sièges et voyageurs debout dans l'allée
Deux personnes à scooter dans une rue mouillée, vues depuis le train

Puis les premières façades. Des balcons, du linge, l’arrière des immeubles. Un morceau de cuisine éclairée, des garages ouverts. Des vies aperçues par leur côté le moins préparé.

Carrefour d'une rue mouillée bordée d'arbres, à l'entrée de la ville

Passage à niveau. Les gens dehors attendent au rouge. Un homme tourne la tête vers les wagons. Pour lui, nous filons. Pour nous, il reste.

Motos arrêtées à un passage à niveau sous un enchevêtrement de câbles
Passants et motos attendant derrière la barrière d'un passage à niveau
Motos et voitures à l'arrêt devant la barrière d'un passage à niveau, en ville

Quelqu’un cherche son billet. Un autre rassemble ses affaires. La ville se desserre. Quelques jardins encore. Un terrain vide.

Poteau électrique au bord de la mer, une île montagneuse à l'horizon
Une femme à vélo devant un portail, saisie depuis le train

Le front retrouve la vitre.
Un poteau, puis un autre.

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